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Meurtre
au Prætorium
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[19] Au fil des semaines, ses connaissances et ses compétences s’affinaient : Rufus apprenait vite à la plus grande satisfaction de Jactor. Ce dernier voyait dans le fils de son vieil ami sénateur, un futur « collègue » qui ne manquerait pas d’occuper un poste important dans l’administration impériale : trop souvent, les aristocrates romains privilégiaient l’étude du droit ou de l’agronomie et délaissaient les aspects plus techniques du savoir. Il était temps pour l’evocatus d’évaluer
sérieusement son disciple : un relevé complet des mesures
du principia et de toutes ses dépendances, praetorium compris
! Voilà qui permettrait de vérifier les progrès
accomplis. Chaque soir, la fourmilière s’apaisait
: toute la journée
les fourmis légionnaires affairées circulaient à l’intérieur
du camp. Un Dieu étranger les eut-il regardé du haut d’un
nuage qu’il aurait aperçu des insectes à la carapace
métallique circulant de façon apparemment anarchique dans
toutes les directions. La nuit tombée, tout devenait plus calme,
plus ordonné : les déplacements incessants de la journée
faisaient place à des patrouilles et des postes de garde à l’exactitude
minutée. Dans chaque centurie, quatre légionnaires sont
désignés pour effectuer chaque tour de garde : ce ne sont
pas moins de deux cent quarante soldats qui assurent simultanément
la sécurité du castrum. Les gardes se succèdent à raison
de quatre par nuit et l’horologiarius avertit
les bucinae et les tubae du moment précis où ils devront
sonner le changement de quart. Malheur au factionnaire qui serait surpris
endormi : des circuitores
rodent prêts à dénoncer aux tribuns tout assoupissement
sacrilège. Il valait mieux au garde, s’il voulait éviter
le pire lancer un sonore et dissuasif « quo
vadis ? » afin
de ne point être pris en faute. Se déplacer incognito dans
ces conditions relève de l’exercice périlleux. Heureusement
pour Rufus, sa connaissance du terrain et des habitudes du camp ainsi
qu’une nuit sans lune facilitait son déplacement. Seul l’approche
du principia pouvait poser problème mais les différents
relevés qu’il avait effectués ces derniers jours
s’avéraient utiles : chaque mur, chaque recoin, chaque angle
mort lui était parfaitement connus. Il savait où et comment
se déplacer, il n’avait juste qu’à se préoccuper
des patrouilles. C’est juste avant l’aube que Rufus rejoignit ses quartiers
: il eut été imprudent de trop attendre, les premiers rayons
du soleil auraient compromis son retour. Fin de la première partie… |
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