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Meurtre
au Prætorium
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[19] Quatre mois après son arrivée au camp de la légion VIII Augusta, Publius Aurelius Rufus le jeune, sa formation achevée, était désormais prêt à retourner à Rome, sa chère Rome, le seul endroit du monde où il se passait des choses dignes d’intérêt, le reste de l’Empire n’existant que pour sa plus grande gloire. Son exil forcé l’avait amené à reconsidérer ce point de vue qui était bien souvent celui des jeunes aristocrates romains qui croyaient tout connaître et tout savoir sur ce que devait être leur monde compris entre le Capitole, le forum, le Cirque Maxime et le quartier de Subure. Bien sûr, certains d’entre eux voyageaient, les jeunes patriciens, partaient souvent étudier la philosophie à Athènes ou presque toujours faisaient leur service militaire comme tribunus laticlavius, courte étape mais indispensable de leur cursus honorum, ils avaient donc l’occasion de voir du pays... Aucun d’entre eux, cependant, n’avait pu vivre autant d’aventures extraordinaires en aussi peu de temps. Exilé dans un camp de légionnaires perdu au fin fond de la Gaule, Rufus avait aimé, avait été accusé de meurtre puis torturé, s’était retrouvé bien malgré lui au cœur d’un complot destiné à assassiner l’empereur, il avait l’impression d’avoir plus vécu de choses en quelques mois que pendant les vingt premières années de sa vie. Il laisserait en Gaule des amis bien différents de ceux qu’il fréquentait à Rome,
le sens qu’il donnait désormais au mot amitié avait évolué :
il ne suffit pas de se ressembler pour que vive une amitié profonde et
réelle. Ce matin là, Publius Aurelius Rufus le jeune venait de faire ses adieux à ses amis de la VIIIème Augusta : Pollex qui l’avait si bien soigné par deux fois, Jactor qui lui avait tant appris, Cadurcus qui tint à tout prix à lui faire cadeau d’une paire de dés en bois, un cadeau d’importance pour l’affranchi et joueur invétéré. Il évita soigneusement le praetorium et son légat qu’il avait quand même cocufié…son baluchon sur l’épaule, il franchit la porta praetoria saluant au passage les gardes en faction. A quelques pas de là, un regard insistant se posa sur le jeune homme. Le quaestionairus Iustior, prenait l’air, il venait juste d’en finir avec une demi douzaine de ses clients : «
Tiens ? Le jeune Aurelius Rufus sur le départ ! On aurait cru deviner comme un soupçon de larme au coin de l’œil du plus terrible des bourreaux de l’empereur. |
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